- Les conséquences économiques

Nous nous intéresserons tout d’abord aux conséquences économiques, favorables et défavorables, engendrées par l’augmentation de l’effectif dans la tranche d’âge des seniors.  

Les conséquences économiques favorables

L’augmentation du nombre de personnes âgées va permettre l’apparition d’un nouveau marché, celui que les économistes nomment la  « croissance grise ». Dans les premières années de la retraite, cette tranche de population, encore en bonne santé et disposant de plus de temps libre, continuera à consommer autant qu’un actif. Puis, une partie des retraités ayant encore un fort pouvoir d’achat sera intéressée sans aucun doute  par des produits ou services en rapport avec leurs besoins.  Par exemple les entreprises de repas à domicile connaîtront une forte demande dans les prochaines années. Le marché des services à la personne devrait permettre la création d’environ 300 000 emplois dans les années qui viennent.

La demande croissante en matière de soins, qui ira de pair avec l’augmentation forte et durable de l’espérance de vie, conduira à l’ouverture de nombreuses enseignes spécialisées comme les pharmacies ou d’autres enseignes paramédicales. Le secteur de la santé sera alors une partie importante ancrée dans l’environnement quotidien.

L’accroissement du nombre de personnes âgées ne devrait pas conduire les Etats, principalement occidentaux, à manquer de main d’œuvre. Ces pays peuvent  compter en particulier sur les seniors et les jeunes pour palier un éventuel besoin, grâce à leur faible taux d’emploi actuel.

Les conséquences économiques défavorables

Dans la plupart des pays industrialisés, l’augmentation du nombre de personnes âgées induit un équilibre économique difficile à trouver, tant sur les régimes de retraite que sur les organismes de couverture sociale.

L’augmentation de l’espérance de vie entraine naturellement une augmentation du nombre de retraités. Le système de retraite en France, par répartition depuis 1946, est fondé sur l’équilibre entre les recettes venant des cotisations des actifs et les dépenses correspondants aux pensions versées aux retraités. En France, en 2012, 18,3 millions de cotisants paient pour 13,0 millions de retraités (source CNAV, Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse), soit 1,39 cotisant par retraité, à comparer avec le chiffre de 3,8 cotisants pour un retraité en 1970. Ce régime par répartition actuel est au bord du gouffre à cause de l’augmentation du nombre de retraités, dont la majeure partie est issue du baby-boom des Trente Glorieuses. Pour éviter la faillite du système, plusieurs mesures doivent être prises, comme la hausse des cotisations des actifs, et la baisse des pensions des retraités, ainsi que le relèvement de l’âge de la retraite, le tout aidé par un taux de croissance significatif de l’économie française.

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Par ailleurs, l’économie de nombreux pays sera impactée par l’augmentation des coûts médicaux liés aux besoins croissants des personnes âgées. Les charges de l’assurance maladie augmenteront avec la multiplicité des actes techniques, comme par exemple les radiologies ou les analyses. Le XXI° siècle sera sans doute le siècle où l’on verra la fin du cancer et du SIDA, mais aussi la recrudescence de certaines maladies comme Alzheimer. Ainsi, les systèmes d’assurances médicales et vieillesse seront eux aussi mis en péril. Les personnes âgées finiraient par représenter selon les prévisions, plus de 60% des bénéficiaires des dépenses médicales en 2040 et le budget alloué à la santé dépasserait alors le tiers du PIB (Produit Intérieur Brut). 

De plus, d’après une étude effectuée à long terme par le FMI (Fond Monétaire International), l’augmentation de cette tranche d’âge des seniors serait en partie liée aux difficultés économiques que connaissent ou connaîtront les pays n’ayant pas suffisamment effectué les réformes nécessaires. L’augmentation du nombre de personnes âgées pèsera sans doute même plus que les fluctuations économiques. Le mode de consommation, et la demande des retraités, pourraient par la suite davantage s’ouvrir sur les services que sur les biens, et par conséquent pourrait entrainer un ralentissement de la productivité.

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