- Les conséquences sociales

L’allongement de la durée de la vie induit aussi d’autres conséquences sociales moins soupçonnées, et ira de pair avec un côtoiement de plusieurs générations : jeunesse et vieillesse devront coexister ensemble, dans une plus grande mesure qu’autrefois. Dans les prochaines années, quatre ou cinq générations devront se croiser quotidiennement. L’augmentation de l’espérance de vie peut  souvent amener les personnes âgées à la solitude, risquant de déclencher des troubles psychologiques, voire une certaine détresse, et induire notamment un déclin de l’attention que la personne se porte à elle même, allant jusqu’à une désocialisation progressive. Les campagnes estivales de sensibilisation à la solitude des personnes âgées, nous rappellent régulièrement que chacun de nous doit porter attention aux personnes âgées souvent seules, et pas seulement durant l’été ! Dans le même esprit, des associations visant  à promouvoir la cohabitation entre un jeune à la recherche d’un logement et une personne âgée trop seule, permettent d’améliorer le regard porté sur les seniors, et de connaître davantage les personnes âgées.

Le 5 janvier 2013, nous avons interviewé madame Bonjour, infirmière coordinatrice dans une résidence d'accueil pour personnes âgées au Chesnay. Elle a répondu à plusieurs de nos questions, et en particulier nous a expliqué en quoi consiste son métier, ainsi que l'accueil pour les personnes très âgées.

                 Interview de Madame Bonjour, infirmière coordinatrice, par Pascal et Mathias.

 

Vivre longtemps est un concept qui peut sembler fort attrayant, mais qui cache une réalité que l’on ne devine souvent pas. Avec la vieillesse intervient souvent l’apparition de maladies chroniques, qui peuvent conduire à un handicap ou à une dépendance. Dans ces conditions, est-il souhaitable de vivre longtemps si les dernières années de sa vie se déroulent sur un lit d’hôpital ? Cet allongement de la durée de la vie pose de nombreuses questions, notamment sur le plan éthique. Trois pratiques controversées ou opposées se distinguent sur la fin de vie : l’euthanasie, l’acharnement thérapeutique, et les soins palliatifs. 

L’euthanasie désigne le fait d’abréger la vie du patient, en connaissance de cause, pour stopper une longue agonie, ou une maladie incurable. Il existe plusieurs types d’euthanasies :

- L’euthanasie active désigne un acte volontaire se destinant à abréger la vie du patient, par injection létale (qui donne la mort) ou par arrêt du processus le maintenant en vie. En 2011, l'euthanasie sous forme active n'est autorisée par la loi que dans seulement trois pays : les Pays-Bas (depuis 2001), la Belgique (depuis 2002) et le Luxembourg (depuis 2008). En France,  elle est considérée comme un homicide devant la loi. Le 30 janvier 2011, le Sénat a renoncé à légaliser l’euthanasie active. Un fait divers très récent nous le rappelle : le médecin urgentiste Nicolas Bonnemaison, mis en examen pour sept cas d'euthanasie sur des patients âgés, a été radié de l'Ordre des médecins, le 24 janvier 2013.

- L’euthanasie passive désigne l’arrêt de traitements à un malade atteint de maladie incurable, sans pour autant accélérer la mort du patient. La loi Leonetti de 2005 l’autorise en France, mais il faut au moins deux médecins et l’entourage du malade pour y procéder. Sans ces conditions, la qualification de non-assistance à personne en danger peut être engagée. 

- L’aide au suicide est le fait de laisser le malade s’administrer la mort, c’est ce type de méthode qu’a choisi la Suisse par exemple. 

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L’acharnement thérapeutique  se définit selon le dictionnaire de bioéthique comme une « attitude qui consiste à poursuivre une thérapie lourde à visée curative alors même qu’il n’existe aucun espoir réel d’obtenir une amélioration de l’état du malade et qui a pour résultat de prolonger simplement la vie ». La loi Leonetti cherche à limiter cet acharnement, en réaffirmant le droit au patient de décider lui-même l’arrêt des traitements et empêcher ainsi des soins obstinés et déraisonnables. Cette loi donne aussi au malade un accès favorisé aux soins palliatifs et vise à  lui assurer une fin de vie dans la dignité.

Le non-acharnement thérapeutique diffère quelque peu de l’euthanasie active, c’est en effet l’arrêt des traitements pour un malade, alors que l’euthanasie désigne le fait de délibérément mettre fin à la vie d’un malade afin d’abréger ses souffrances. Ce terme désigne le même principe que l’euthanasie passive.


Il faut parfois pour les médecins reconnaître l’impossibilité de guérir les malades, et la priorité devient alors la fin de vie dans la dignité du patient. Une alternative à l’euthanasie se démarque alors, souvent dans la phase terminale de la vie de la personne, il s’agit des soins palliatifs. Ces soins ne sont pas des traitements curatifs, mais ne visent en aucun cas à accélérer le processus. L’accent est mis sur l’atténuation de la douleur parfois insupportable, sur le confort, et l’attention portée à la personne pour l’aider à finir sa vie le plus sereinement possible et l’accompagner dans sa dignité jusqu’à la mort. L’apaisement de la personne est privilégié à l’acharnement thérapeutique. Plus de 90% des demandes d’euthanasie formulées par les malades disparaissent si le malade est accompagné grâce à son entourage, et si la douleur qu’il éprouve s’atténue. Contrairement à l’euthanasie, cette forme de fin de vie est autorisée par la loi. En effet permettre de mourir n’est pas donner la mort, les soins palliatifs constituent sans doute le meilleur moyen d’accompagner la personne en fin de vie, en préservant sa volonté et sa dignité. 

Le samedi 19 janvier 2013, monsieur Larrouture, médecin gériatre (c'est-à-dire médecin s'occupant des personnes âgées), spécialisé en soins palliatifs, nous a accordé une interview. Grâce à ses réponses, nous avons mieux compris en quoi consistent les soins palliatifs, ainsi que beaucoup d'autres aspects liés à l'augmentation de l'espérance de vie.

                                Interview de Monsieur Larrouture, gériatre spécialiste en soins palliatifs.

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