- Les progrès de la médecine

La forte augmentation de la durée de la vie s’explique aussi en partie grâce aux progrès qui s’accomplissent sans cesse dans le domaine de la médecine. De plus en plus, les recherches dans le domaine de la technologie et de la biologie tendent à se rejoindre en vue de protéger et d’améliorer la résistance du corps humain. Ces progrès significatifs permettent à la fois une plus longue durée de vie et offrent une vie saine et en bonne santé lors du grand âge.

L’utilisation des nanotechnologies

La recherche dans la technologie s’est centrée ces dernières années sur les nanotechnologies. Ce terme désigne la recherche sur les principes et propriétés existant à l'échelle nanométrique, c'est-à-dire au niveau des atomes et des molécules. De grands espoirs sont fondés sur ce domaine de recherche, qui pourrait permettre à  terme d'augmenter durablement l’espérance de vie. Le mariage entre la chair et l’électronique est en marche et déjà la bionique (c'est-à-dire l’étude des systèmes biologiques dans un but  technologique et industriel) permet la réalisation de véritables prouesses, comme par exemple rendre la vue à des aveugles… Les recherches sur les nanotechnologies laissent penser que la création d’organes artificiels sera bientôt possible. Le corps humain pourrait donc être régénéré, et l’espérance de vie en bonne santé s’en trouverait décuplée ! De plus, les nanotechnologies pourraient permettre la guérison de maladies comme le cancer, en éradiquant des cellules ciblées. Des nanorobots aideront les cellules du sang et effectueront les tâches plus efficacement, pour maintenir le corps en meilleur santé durablement. L’avenir de l’homme passera sans aucun doute par l’ère de la machine.

nanotechnologide.jpg

                                                               Un exemple d'utilisation probable des nanototechnologies dans le futur

La recherche sur les cellules souches

Les greffes d’organes ont permis la sauvegarde de nombreuses vies, mais les récentes avancées des recherches appellent à aller plus loin que la simple greffe, limitée par le manque de donneurs et le risque encouru lors de l’opération. Le remplacement des cellules malades par des cellules saines permettrait un renouvellement quasi infini du corps humain. Ces cellules, qui pourraient se substituer aux autres afin de rendre un fonctionnement efficace à la partie du corps atteinte, se nomment les cellules souches.

Une cellule souche est une cellule qui ne s’est pas encore spécialisée et qui est capable de se transformer en n’importe quel type de cellule dans l’organisme. Les cellules souches ont deux fonctions : l’auto-renouvellement, c'est-à-dire qu’elles se multiplient en donnant d’autres cellules souches, et la différenciation qui sert à fournir des cellules spécialisées, comme des cellules de peau,  de muscles... La différenciation varie en fonction de la pression chimique et du milieu de culture. Ces cellules se trouvent dans l’embryon, le fœtus, le sang de cordon et plusieurs tissus de l’individu après sa naissance. Elles peuvent aussi être produites à partir d’une cellule adulte par manipulation génétique. Ces cellules sont porteuses d’un espoir, car elles pourraient participer à la création d’un traitement pour les maladies de dégénérescence des cellules nerveuses comme Parkinson, Alzheimer... Plusieurs maladies mortelles sont la conséquence d’un dysfonctionnement de la moelle osseuse, qui normalement produit du sang. Les greffes de cellules souches provenant de la moelle osseuse d’un donneur peuvent être une solution pour un éventuel traitement.

Dans les faits, des chercheurs français ont réussi à faire revenir au stade de cellules souches des cellules issues de donneurs très âgés. Ces cellules ont été manipulées génétiquement par une introduction de six gènes dans leur noyau, ce qui a permis leur transformation au stade de cellules souches pluripotentes. Ces cellules pluripotentes peuvent alors se différencier en quasiment n’importe quelle cellule de l’organisme comme un neurone, une cellule de foie... Cette expérience marque le franchissement d’une étape importante dans la médecine régénérative qui permettra le renouvellement du corps, et démontre que le vieillissement des cellules est réversible.

 

La recherche sur l’animal et les liens avec le corps humain

Les télomères

En réactivant chez des souris âgées une protéine, la télomérase, impliquée dans la régénération des cellules, des chercheurs américains ont fait bien plus qu’enrayer le processus de vieillissement naturel, ils ont fait rajeunir ces souris ! La chercheuse Mariela Jaskelioff explique que « c’est bien la première fois que l’on parvient à inverser le processus de vieillissement », grâce au travail sur la télomérase. A chaque division d’une cellule, les chromosomes de cette cellule, longs filaments d’ADN qui contiennent les gènes, sont détériorés. Les extrémités de ces chromosomes se terminent par un télomère, une sorte de « bouchon » protecteur, mais à chaque division cellulaire, ces télomères raccourcissent jusqu’à disparaître, ce qui empêche la division de la cellule, et signifie sa mort sans descendance. Au fur et à mesure des années, les quantités de télomérase, protéine réparatrice des télomères, diminuent, et donc le vieillissement cellulaire s’accélère.

Pour l’expérience,  les chercheurs ont inhibé la télomérase chez un lot de souris témoins, mais ces rongeurs vieillissaient très rapidement. Ils ont ensuite, sur un autre lot de souris, injecté une substance activant la synthèse de télomérase dans l’organisme des souris : les télomères se sont mis à rallonger, et donc les cellules des souris ont physiquement rajeuni. Leurs organes se sont régénérés, et leur cerveau a augmenté de volume, pour atteindre presque 90 % de la taille normale du cerveau d’une souris. Les organes, abimés et âgés, ont progressivement retrouvé leur jeunesse.

Mais cette miraculeuse réparation du corps devenu âgé ne cache pas plusieurs problèmes de taille. En effet, l’augmentation de la télomérase est associée à de nombreux cancers. Quand elle est mutée dans les cellules de la tumeur, la télomérase contribue à la survie anarchique des cellules cancéreuses et à leur développement incontrôlable. 

telomere.jpg

Chromosomes, les télomères sont représentés en rouge

Les vers, l’hydre et la méduse

Les recherches sur les animaux permettent de nombreuses expérimentations qui ne seraient jamais effectuées sur des humains. De plus, le fonctionnement particulier de certaines espèces du règne animal permet de comprendre des phénomènes particuliers pour arriver à une éventuelle avancée sur l’humain.

Une étude réalisée sur des vers de mer a abouti à une importante découverte. Ce type de vers marin possède une molécule capable de fixer l'oxygène, molécule semblable à nos globules rouges. Ces molécules pourraient un jour se substituer à l’hémoglobine humaine. La molécule donnerait aussi des possibilités de meilleure cicatrisation en cas de blessure. De plus, elle n’a pas de groupe sanguin défini et pourrait donc servir de base pour une éventuelle culture en laboratoire. Si l’exploitation d’hémoglobine de synthèse devient possible, le manque de donneurs de sang ne sera plus un frein et l’espérance de vie en sera grandement augmentée.

L’étude d’un animal au processus de vieillissement étonnant, le polype d’eau douce, ou hydre, a permis une meilleure compréhension du processus de vieillissement. Cet animal est considéré comme presque immortel, en effet il possède des facultés régénératrices : si un bout de cet animal est coupé, il se régénère rapidement. Cet étonnant processus peut s’effectuer sur l’animal grâce à ses cellules souches qui peuvent se diviser à l’infini sans vieillir. Ce processus est porteur d’espoir chez l’homme, dont les cellules souches ne se divisent pas indéfiniment, ce qui aboutit à la vieillesse des organes comme le cœur. Une étude plus poussée sur l’animal a permis de comparer l’activité du gène FOXO3 chez l’homme et l’animal et de démontrer le rôle primordial de ce gène dans le processus de vieillissement.

Un animal impressionne le monde par son incroyable capacité de renouvellement qui le rend immortel, en effet le Turritopsis Nutricula,  qui n’est autre qu’une simple méduse en apparence, a commencé silencieusement son invasion à travers les mers du globe. Cette méduse peut en effet passer d’une phase de vie avancée à une phase de vie jeune, ses cellules reviennent à un état de jeunesse. Cette capacité à inverser son cycle de vie lui permet d’acquérir une forme d’immortalité, mais elle peut bien-sûr succomber à une maladie ou à un prédateur. Cette « immortalité » n’est donc pas durable. En s’inspirant de cette capacité, les chercheurs espèrent développer une sorte de médicament en solution à la vieillesse chez l’humain, ou au moins renforcer les tissus et organes humains.

meduse-turritopsis-nutricula.jpg

 Des méduses Turritopsis Nutricula, considérées comme immortelles biologiquement

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site